jeudi 21 avril 2011

S I L E N C E

Silence. Silence qui n’existe pas. Silence dont déjà la sonorité du signifiant contredit le sens même du terme. Silence oxymore nous renvoyant envers une réalité non seulement fausse mais surtout inexistante car le silence vide n’est atteint que lorsqu’on meurt… et encore… qui sait…

Il n’y a rien de plus aigu, de plus fort, de plus intense que la musique d’un silence. Avec ou sans paroles. Calme, relaxante, nostalgique ou stressante, le silence est toujours accompagné d’une musique. Et la musique change en fonction du moment, de l’état de la personne et surtout, de son vécu. Le silence n’est qu’une âme déguisé en vide. Vide qui en réalité coule vie.

Nous avons donc tous un silence, silence-âme, silence-cœur, silence même esprit. Ce serait en écoutant un silence qu’on réussirait bien à connaître une personne et pas en lui parlant -malheureusement ce don ne nous a pas été donné, ou peut être oui mais nous n’avons pas encore appris à nous en servir-.

Les rêves, les peurs, les mélancolies, les préoccupations, les sourires, tout finit par déboucher dans le silence.  Le silence sera toujours là. Et nous ne l’écouterons que rarement puisque c’est du silence -ou au moins c’est ce qui nous a été dit-. Silence sacré, vierge, transparent, mythique, fallacieux, combien de fois nous t’avons trahi, et au lieu de venir te rêver, te pleurer, te rire, nous nous nous sommes enfuis autour des gens et nous avons écouté le monde à la place de toi !

Mon silence à moi est rempli de bons souvenirs, des souvenirs ensoleillés accompagnés d’une forte brise de sensations qui très souvent me fait frémir, sourire, pleurer d’émotion. Dans mon silence il y a toujours beaucoup d’amour. Amour universel, amour au monde, amour à la vie, à la nature, amour rouge, amour vert, amour jaune, amour à l’amour. La musique y est plutôt orientale. Oui. Je peux bien entendre l’oud et la darbouka y jouer.

Dans mon silence à moi il y a aussi beaucoup de rêves, de petites motivations, des refrains donnant envie de chanter, de chanter très fort. Mais il y a aussi trop de questions, des questions qui souvent fatiguent, et plusieurs souvenirs gris suivis de quelques cris noirs, cris forts, cris blessants. Dans mon silence il y a alors aussi beaucoup de peur au silence.

Mon silence est aussi bavard que moi et ne s’entend facilement qu’avec peu d’autres silences et c’est peut être quand cela arrive qu’il se tait un peu.



Silence. Silence qui n’existe pas. Silence bruyant, silence musicale, silence oxymore, silence coloré, silence gris. Silence sonore. S I L E N C E

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