Ça fait des mois que je n’écris plus. Ne me demandez pas pourquoi. Je n’en sais rien. Je réfléchis beaucoup dernièrement par rapport à Saussure, à la langue, à la parole. Je cherche à théoriser ces pratiques d’enseignement du Français langue étrangère à partir de textes autobiographiques que j’espère un jour mettre en place éternellement. Et comme d’habitude, je ne peux pas échapper à ce côté exagéré, extrême qui me caractérise autant. Je théorise alors involontairement tout ce qui m’entoure y compris l’écriture. Je me rends compte que l’écriture, elle est aussi, comme la langue saussurienne, est quelque chose d’abstrait, quelque chose que nous avons tous, là, perdue quelque part dans le fond de notre cerveau ou peut être aussi de notre cœur. Il s’agirait plutôt d’une parole et non d’une langue, car chaque individu écrit la réalité à sa façon. Et bien cette « écriture-parole », réalisation de ce monde réel, virtuel, inaccessible mais interprété, ne peut pas toujours être manifesté sur un papier, ou dans ce cas là sur un blog ; mais cela ne veut pas dire que l’écriture n’existe plus, que j’aie cessé d’écrire, au contraire, je l’ai fait, plus que jamais, mais à mon intérieur. J’y ai photographié tout ce qui m’entoure, mais c’est simplement aujourd’hui que je m’assois pour donner forme à tout, pour exprimer. Mon travail de recherche me passionne jusqu’au point où il ne s’agit plus d’une recherche mais de ma propre vie, et ce domaine auquel je m’intéresse tant -l’écriture du moi, le roman autobiographique, le journal…-, devient finalement non seulement mon objet d’étude mais mon existence même. C’est pourquoi je reviens au blog, c’est pourquoi je souhaite à nouveau écrire ici, consacrer quelques mots, insignifiants, surement plein d’erreurs, inintéressants, mais des mots, des mots vivants que comme les mots de Proust, de Sartre, de Simone de Beauvoir, de Perec, de Nathalie Sarraute ou d’Annie Ernaux, ont besoin de sortir, de partager des émotions, des banalités, des souvenirs, des rêves…
Je suis donc là à nouveau, je n’écrirai pas comme ces merveilleuses personnes que je viens de citer, mais avec lesquels je partage ce besoin de dire des choses, de les dire à voix haute, ici, pour moi, pour vous.
Je signe donc ainsi ce pacte que j’ai tant étudié ces derniers mois, ce pacte qui vous transforme en témoins, témoins d’une vie, d’une existence, d’une vérité… authentique… à moitié surement… car comme nous le savons maintenant bien grâce à Philipe Lejeune, raconter, c’est interpréter, et interpréter c’est dire la vérité simplement à moitié…
Mes chers lecteurs… peu importe qui vous êtes, d’où vous venez… ce que vous cherchez ici… que vous aimiez ou pas ce lignes… je vous souhaite quand même une très bonne découverte de moi, découverte de vous…
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