La ligne 7 direction Ligne 7 direction la Courbevoie. Je connais par cœur tous les arrêts. L’un derrière l’autre. Comme ça et à l’envers. Tous. Je les connais tous par cœur. Je ferme les yeux et j’y vois ma vie, passer, passer et sauver la petite fille qui adorait sa mamie.
Je retourne à Opéra. À notre salon de thé. À ta famille, la mienne. Je vois la petite fille souriante. La petite fille qui prend son goûter, tranquille, rêveuse, plein d’amour et de joie. Il l’a sauvée. Il n’y a pas eu de loup dans son chemin. Mais il y a eu des fantômes, méchants qui voulaient lui empêcher de grandir dans la lumière. Qui la poussaient vers le monde noir. Mais lui, comme le prince de la Belle au bois dormant, comme le chasseur du Petit chaperon rouge. Il a apparu. Et petit à petit. Il l'a sauvée.
Ligne 7 direction la Courbevoie. Opéra. Le baiser. La bague. Ma vie. Je pleure. De joie, de tristesse douce, de peur mais je ne peux pas arrêter de sourire. Il se marie. Je le perds. Cette fois ci pour toujours. Mais ma vie, je ne la perdrai plus. Ni la petite fille. Ni la lumière. Je le perds. Je me sens étrange. Mélancolique. Mais je souris, parce que cette ligne 7 circulera toujours dans mon cœur sans arrêt comme ce baiser, cette bague et ma vie.
Et je souris. Et je lui souhaite, du fond de mon cœur, tout le bonheur qu'il m’a offert, lui, en me redonnant la vie.
La ligne 7 direction la Courbevoie. Les différents arrêts, un par un. Les souvenirs. Les souvenirs… je disparais. Et soudain, je réapparais en souriant, plus fort que jamais.
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