jeudi 23 septembre 2010

"Ligne 7"


La ligne 7 direction la Courbevoie. Les différents arrêts, un par un. Les souvenirs. Les souvenirs… je disparais, je me retrouve alors à Opéra, après ce cocktail, après toutes ces soirées de cinéma, de promenades, de sourires, de lui. Une étrange sensation envahit mon être. Je ne sais plus où je suis, où je vais. J’éprouve une saveur de tristesse douce, mélancolique, plein d’espoir, de liberté, de bonheur. Aucun mot, aucune peinture, aucun art ne saurait évoquer les brises de sentiments qui viennent et qui s’en vont comme les vagues de la mer. Je souris, je pleure en même temps.  Cette ligne 7 direction la Courbevoie devient soudain un voyage vers moi-même, à travers les dimensions du maintenant, du hier et du au-delà. Je ne suis plus personne. Ce n’est pas moi qui suis assise dans ce wagon. C’est l’ombre de mon absence. Moi je ne sais pas où je suis. Où je vais. Je reviens à nouveau à Opéra. À Saint Michel. À Notre dame. À ce baiser. En Tunisie. À ses bras. À ses leçons. Ces leçons de vie, que petit à petit m’amenèrent jusqu’à moi-même. Jusqu’à la petite fille qui arrivait tous les jours après l’école chez sa mamie. Cette petite fille que le temps cachât pendant si longtemps. Je reviens à Opéra. À ses bras. Bras protecteurs, qui m’abritaient de la couleur grise, plutôt noir me poursuivant. Ce noir… dans lequel je suis restée coincée pendant des années.

Ligne 7 direction la Courbevoie. Je connais par cœur tous les arrêts. L’un derrière l’autre. Comme ça et à l’envers. Tous. Je les connais tous par cœur. Je ferme les yeux et j’y vois ma vie, passer, passer et sauver la petite fille qui adorait sa mamie.

Je retourne à Opéra. À notre salon de thé. À ta famille, la mienne. Je vois la petite fille souriante. La petite fille qui prend son goûter, tranquille, rêveuse, plein d’amour et de joie.  Il l’a sauvée.  Il n’y a pas eu de loup dans son chemin. Mais il y a eu des fantômes,  méchants qui  voulaient lui empêcher de grandir dans la lumière. Qui la poussaient vers le monde noir. Mais lui, comme le prince de la Belle au bois dormant, comme le chasseur du Petit chaperon rouge. Il a apparu. Et petit à petit. Il l'a sauvée.

Ligne 7 direction la Courbevoie. Opéra. Le baiser. La bague. Ma vie. Je pleure. De joie, de tristesse douce, de peur mais je ne peux pas arrêter de sourire. Il se marie. Je le perds. Cette fois ci pour toujours. Mais ma vie, je ne la perdrai plus. Ni la petite fille. Ni la lumière. Je le perds. Je me sens étrange. Mélancolique. Mais je souris, parce que cette ligne 7 circulera toujours dans mon cœur sans arrêt comme ce baiser, cette bague et ma vie.

Et je souris. Et je lui souhaite, du fond de mon cœur, tout le bonheur qu'il  m’a offert, lui, en me redonnant la vie.

La ligne 7 direction la Courbevoie. Les différents arrêts, un par un. Les souvenirs. Les souvenirs… je disparais. Et soudain, je réapparais en souriant, plus fort que jamais.


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